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Pourquoi Cassandre ?

Brève présentation de Cassandre/Horschamp

 

« Toute la dialectique, l’esprit de polémique et de controverse qui animent la revue Cassandre/Horschamp semble se retrouver dans le choix astucieux de son appellation. Si l’on s’attarde un peu sur l’étymologie de ce nom, « Cassandre », c’est d’une part, dans la comédie italienne, un personnage représentant un vieillard toujours bafoué : on y verrait sans doute, sans vouloir tirer un rapprochement d’idées par les cheveux, une allusion à notre culture maltraitée… La deuxième étymologie fait référence au roi de Macédoine, Cassandre, qui se rendit maître de la Grèce. Ici l’assimilation est probante… La troisième, la plus convenue, serait une allusion à l’héroïne des poèmes homériques où Cassandre, fille du roi Priam, livre de sombres prédictions mal entendues de la part des Troyens. On pourrait dire vulgairement « A bon entendeur salut » car effectivement, tout en passant par son vecteur critique et subversif, la revue propose des débats aux dénouements prémonitoires qui nous aident à prendre conscience de la nécessité à redoubler de vigilance. »
Jacky Viallon sur Webthea, février 2010.


L ORSQU’EN 1995 NOUS NOUS SOMMES LANCÉS DANS CETTE AVENTURE

éditoriale, nous avions de grands ancêtres et d’estimables collègues, mais aucun n’allait alors dans le sens d’un lieu de débat propice à l’avancée de nouvelles idées, cette agora qui nous paraissait nécessaire.
Pour la première fois depuis longtemps, une équipe s’attachait à éclairer les aspects peu visibles du paysage artistique et culturel.

Observateurs du monde des arts depuis de nombreuses années, il nous paraissait évident que la presse française souffrait d’un manque. Celui d’un lieu éditorial ouvert à des réflexions extérieures au monde artistique, émanant de penseurs venus de domaines comme la sociologie, l’ethnologie ou l’histoire, pour témoigner de la réalité du paysage artistique français.

Depuis la fin de la période qui a vu fleurir un certain nombre de revues artistiques et littéraires au début de ce siècle, nous avons assisté au déclin de la presse spécialisée, seule en mesure d’accomplir un travail de fond sur la réalité artistique et culturelle contemporaine, tant dans notre pays qu’en Europe.

La presse nationale généraliste et les médias consacrent de moins en moins d’espace aux expériences de terrain qui se déroulent en régions, parfois dans des lieux de relégation ou hors institutions. Seules les productions importantes, souvent d’origine parisienne, peuvent espérer une véritable reconnaissance médiatique. À une époque où la (re)construction d’une culture diverse et commune prenant en compte la réalité humaine d’une société à la fois menacée d’individualisme et d’uniformisation est une question brûlante, peut-on laisser dans l’ombre un pan entier de la vie culturelle du pays ?

Depuis le début, notre mission est de montrer qu’un réseau très riche d’activités et de démarches peu visibles qui se déroule dans la durée avec les différentes populations, a une importance capitale pour la santé morale et intellectuelle de nos concitoyens.

Évolution


Une équipe de journalistes spécialisés désireux de répondre à la nécessité d’une confrontation des idées s’est réunie en 1995 autour de Nicolas Roméas – alors journaliste à France Culture – pour créer la revue Cassandre, en faisant le pari d’une prise de conscience des acteurs culturels ; des professionnels de la scène et de l’art, des amateurs, des universitaires, étudiants, citoyens « éclairés » de tous horizons…

Depuis son premier numéro, Cassandre propose des entretiens avec des sociologues, des philosophes ou des historiens, des dossiers thématiques sur des sujets habituellement peu ou mal explorés – l’évolution des politiques culturelles, les nouvelles formes de résistance artistique, le numérique et l’art – ainsi que sur la situation d’équipes artistiques à l’étranger, des agora ouvertes à des acteurs extérieurs, des chroniques…

Ce travail d’analyse et de critique n’est jamais neutre, mais toujours relié au désir de voir l’art jouer un rôle actif parmi les hommes. Cassandre/Horschamp a aujourd’hui réussi le pari d’être une agora de papier accueillant des paroles d’un haut niveau, sans craindre la polémique.
Les lecteurs qui s’interrogent sur l’avenir de notre société ne se suffisent plus de revues confidentielles destinées à une « élite » ou de magazines traitant superficiellement de problèmes graves lorsqu’ils sont à la mode. Il s’agit de développer un nouveau type de publication d’un genre inédit qui permette au plus grand nombre de s’informer sur des sujets a priori difficiles, mais dont la connaissance est essentielle à ceux qui sont concernés par l’idée d’une culture citoyenne exigeante.

Cassandre/Horschamp, bien plus qu’une revue


De nombreuses équipes artistiques œuvrent au plus près de l’humain et de ce qu’on nomme le champ « sociétal » – dans les prisons, les banlieues, les hôpitaux psychiatriques, en milieu rural…
Il ne s’agit évidemment pas d’offrir une « occupation » ou une « animation » à des populations marginalisées, mais de leur permettre, à travers le geste artistique, de renouer avec une parole, une expression, une socialisation ; de retrouver non seulement un « accès » à l’art et la culture, mais de s’approprier des langages et des symboles essentiels à une communauté humaine.

Il s’agit ici de la véritable force de l’art, non d’ « animation » ou de « réparation des fractures ». Il n’y a pas un art de « deuxième catégorie ». Ce que nous analysons avec cette revue et constitue la matière première des activités du pôle de ressources Horschamp, c’est ce que ces pratiques recèlent d’efficacité dans la transmission et l’échange par le moyen de l’émotion. Cela demande une grande exigence. Les sources contemporaines de cette prise de conscience sont notamment à chercher du côté de la première décentralisation théâtrale française, celle de l’immédiate après-guerre. Et si l’on cherche un exemple contemporain on peut penser au travail du plasticien Thomas Hirschorn ou à celui de Pippo DelBono, que le Festival d’Avignon a fini par consacrer.

Cet art-là ne peut être évalué à l’aune des critères de la critique artistique classique, vouée à l’analyse d’un objet. Il nécessite des croisements de regards : celui du critique, celui du sociologue, du philosophe, de l’historien, de l’ethnologue. Et celui de tous ces gens que l’on nomme « public ».

L’objet de Horschamp est d’offrir aux équipes qui cherchent dans cette direction des outils d’analyse critique et de mise en perspective, pour valoriser des pratiques qui échappent au champ habituel de la critique et faire exister un cadre commun de réflexion sur leur développement.

Cela exige de faire vivre un pôle de réflexion, d’analyse, de mise en commun des ressources, d’organisation de rencontres. Ce pôle, nous l’avons mis en chantier il y a quinze avec le soutien de plusieurs partenaires publics, et la revue Cassandre/Horschamp en est au fil du temps le reflet.

Il s’agit de donner à voir, à analyser et à débattre de ces pratiques, de matérialiser notre travail d’information, de mutualisation et d’analyse, dans un pôle de réflexion et d’informations autour de ces grands thèmes qui, nous le pensons, concernent l’avenir de notre civilisation.

L’équipe de Cassandre/Horschamp

PS : Il est évidemment très utile de parler avec les libraires que vous pouvez rencontrer de la diffusion de cette revue. Si vous découvrez de nouveaux points de diffusion possibles, merci de les indiquer à : diffusion(at)horschamp.org.