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Rêve d’Afrique

Extraits du texte lus par William Nadylam le samedi 22 mai 2010 au Vent se lève pour la présentation de ce livre :

Cet ouvrage inaugure une nouvelle série consacrée à l’exploration par Cassandre/Horschamp de ce que nous appelons « les armes de l’art ».
Cette revue culturelle qui se consacre à l’art en tant qu’outil de société, c’est-à-dire non seulement d’un point de vue esthétique, mais en prenant en compte ses implications anthropologiques, sociales et politiques — s’attarde sur quelques actions passionnantes menées aujourd’hui dans ce domaine.
Cette série portera, au plan mondial, sur les équipes et les artistes qui considèrent leur art comme un moyen de réfléchir et d’agir sur l’état du monde contemporain.
Dans la période que nous traversons, il est important de faire entendre au plus grand nombre, et en particulier aux responsables politiques, l’importance des outils immatériels que sont la culture et les pratiques de l’art dans le combat aujourd’hui vital pour une réhumanisation de nos sociétés.

Ce premier ouvrage de la collection est aussi un chemin personnel suivi par Nicolas Roméas sur les traces de Michel Leiris, poète et auteur qui participa avec Marcel Griaule à l’expédition Dakar-Djibouti de 1931, et dont la vie et l’œuvre ont fortement contribué à notre connaissance de nous-même et des autres.

Sur ce chemin, l’auteur a rencontré les travaux du grand africaniste Georges Balandier. L’œuvre majeure de ce chercheur a conforté et nourri une démarche qui s’inscrit dans une volonté de revalorisation des cultures d’Afrique noire par l’approfondissement des connaissances que nous en avons.

Nicolas Roméas a rapporté d’Afrique noire plusieurs témoignages et y a découvert, au Mali, des expériences décisives de rencontre entre l’art et le soin qui sont une confirmation en acte de la quête d’un art de la relation menée depuis 15 ans par Cassandre/Horschamp. Il s’est aussi appuyé sur la remarquable thèse de l’écrivain et homme de théâtre Koulsy Lamko sur le théâtre de participation en Afrique.
Ces chercheurs d’or ont été des compagnons de route précieux dans cette première incursion en ces terres. Avec eux, et également avec l’aide des travaux d’Adame Ba Konaré, ce livre veut porter ce message : nous avons besoin de l’Afrique noire. Nous, Occidentaux modernes qui ne nous résignons pas à subir un monde marchandisé, nous devons non seulement respecter ses valeurs, mais il faut, en ces temps de destruction programmée de l’humain, prendre la pleine mesure de leur force civilisationnelle.

Cette réflexion sur le monde du symbole et sur les combats de l’Afrique est enrichie de trois entretiens avec des acteurs importants du théâtre et des relations entre l’art et le soin au Mali.

Adama Babayoko, homme de théâtre qui travaille depuis le tout début avec l’hôpital du point G sur les formes rituelles du kotéba, expérience aujourd’hui considérée comme très importante partout dans le monde.
Adama Traoré qui anime la compagnie Acte 7 et dirige le Festival de théâtre des réalités et qui fut aussi aux origines de l’aventure du kotéba au point G de Bamako.
Aminata Traoré, ancienne ministre de la culture du Mali, aujourd’hui militante très active et très écoutée de la culture et des relations entre l’art, la culture et la société.
Ainsi que des paroles de Seydou Badian, auteur très reconnu et ancien homme politique malien qui a beaucoup compté dans l’évolution de son pays, recueillies récemment à Bamako.