« Quel Contre-Forum pour quelles politiques culturelles d’avenir ? » Avignon, le 21 Novembre 2009 Cinéma Utopia Manutention (10h-17h)
Après une première édition assez ratée en Novembre 2008, mais au titre ronflant et sans ambiguïté (la Culture, facteur de croissance), le 2e Davos de la Culture, récidive du 19 au 21 Novembre à Avignon, avec un titre cette fois-ci beaucoup plus flou (les stratégies culturelles pour un nouveau monde).
Ne nous y trompons pas, derrière ce titre plus consensuel, de quoi débattront cette année encore les élites du business culturel européen ?
De fiscalité, d’attractivité économique, de stratégies. C’est dit en toutes lettres (et en sous titre) du programme des réjouissances du 2e Forum de la Culture.
Bref, il sera question à nouveau de savoir comment la culture peut générer encore plus d’argent à l’heure de la crise et le nouveau monde dont il est question ici, est, à n’en pas douter, le monde chimérique du capitalisme moralisé cher à Sarkozy et à son gouvernement godillot.
Pourtant, depuis Novembre 2008, la situation de la Culture n’a cessé de continuer à s’aggraver en France. Les Entretiens de Valois ont accouché d’une souris en laissant croire à l’existence d’un dialogue social vidé de son sens. Sarkozy s’est ouvertement moqué de sa propre ministre de la culture Christine Albanel, en annonçant en Janvier 2009 devant un parterre de personnalités de la culture médusées, la création d’un Conseil pour la Création Artistique chargé de mettre de l’ordre dans les finances publiques et un bon coup de balai idéologique dans le petit microcosme culturel.
Présidé directement par Sarkozy, assisté de Martin Karmitz et de quelques autres grands patrons d’entreprises culturelles, cette instance supérieure, outre qu’elle sort du cadre de nos institutions en outrepassant les prérogatives du ministère en charge de la culture, préfigure clairement la fin de ce ministère.
Disparition que la RGPP (Révision Générale des Politiques Publiques) a pratiquement entérinée au cours de l’été (avec la bénédiction du nouveau ministre de la culture Frédéric Mitterrand), avec la suppression de centaines de postes au ministère de la culture, et la restructuration de pans entiers du ministère.
Face a cette situation d’une gravité sans précédent pour l’existence de la Culture comme service public et comme droit fondamental dans notre pays, Sud-Culture propose d’organiser un 2e Contre-Forum de la Culture pour débattre des politiques culturelles imaginables pour plus de démocratisation. Pour débattre d’une autre vision de la Culture ou l’humanisme, l’échange, le partage, la créativité et l’innovation seraient au cœur de la question culturelle.
Intervenants :
- Alain Lefebvre (Professeur émérite à l’université de Toulouse Le Mirail, membre
d’ATTAC).
« marchandisation de la culture et créativité, ou quand la valeur d’échange
supplante la valeur d’usage ».
- Jean Michel Lucas (docteur en sciences économiques et maitre de conf. à
l’Université de Rennes 2) « Entre les productions culturelles rentables et les actions institutionnelles sous tutelle des collectivités et de l’état, comment
développer une troisième voie : celle de l’économie créative solidaire ».
- Jean François Hersent (Secrétaire National de Sud-Culture) « De la culture de la
marchandisation à la marchandisation de la culture, la lente dérive de la
politique culturelle de l’Etat ».
- Irène Pereira (de la commission Précarité à Sud-Culture Solidaires)
« Le syndicat face à la précarisation des travailleurs de la Culture (l’exemple du groupe précarité du syndicat Sud Culture Solidaires) »
- Valérie de Saint Do (directrice adjointe de Cassandre/Horschamp) « La culture
invisible et asphyxiée ou comment survivent sur le territoire des équipes artistiques
et d’action culturelle menacées par les restrictions budgétaires et le désintérêt des médias ».
- Projection de courts métrages sélectionnés par Utopia et pique nique sur place (l’organisation offre boissons et pique-nique).
Organisé par : Sud-Culture 84, Sud-Culture Solidaires, AIP-PACA et la revue Cassandre/Horschamp (avec le soutien de Solidaires 84 et du NPA 84)

